Les agriculteurs
doivent-ils aller chercher leur
compagne hors de nos frontières ?
Le film d’Isabelle Mergault «Je vous
trouve très beau», sorti en salles le 11
janvier 2006,
a
le mérite de mettre
en lumière le problème du célibat chez
les agriculteurs. Souvent isolés, ils
peinent parfois à trouver une compagne et
certains se tournent vers les agences
matrimoniales. Les jeunes
françaises se voient plus dans un bureau
qu’à la ferme...
Face à cette désertification des
campagnes par
la gente féminine, peut-être faudrait-il
valoriser davantage l’image des
exploitants. Dans « Je vous trouve trés beau», Michel Blanc, au début
du long-métrage,
est incapable de se faire à manger
seul ou de mettre une machine à
laver en route… Seul, il ne peut pas s’en sortir.
Comprenant qu’il
ne recherche pas l’âme soeur, mais
une femme « bien plantée sur ses jambes
», susceptible de le seconder à la ferme,
la directrice l’envoie en Roumanie. C’est
certainement de
cette image caricaturale de « paysans bourrus
» dont souffrent le plus les séducteurs
de nos campagnes.
Célibataire !!! Faite
appel
à notre agence de rencontre avec les femmes russes.
André, 48 ans, Henry, 42 ans.... En
bonne santé, d'un niveau de vie plutôt
enviable, ils pourraient être les plus heureux du monde. Seulement
voilà... ils
sont agriculteurs, un métier, presque un sacerdoce, qui fait fuir les
jeunes filles
à marier. S'ils ont choisi la terre et l'élevage, ils n'ont pas choisi
de vivre
seuls. C'est ce qu'ils aimeraient partager aujourd'hui après des années
de
célibat forcé. En Bretagne, Henry rêve d'une femme jeune, jolie et
sachant
danser le rock, sa deuxième passion. En Dordogne, André brisé par un
divorce,
s'est résigné à confier sa quête d'épouse à une agence matrimoniale.
André est agriculteur céréalier près
de Saint Malo. Propriétaire de 93 hectares
de terres
et de trois gîtes ruraux, André aurait tout pour être heureux. Mais à
48 ans,
comme beaucoup d'agriculteurs, il n'a pas trouvé l'âme sœur et le
célibat lui
pèse de plus en plus. Des occasions pourtant il en a eu mais "Ce
n'était
pas assez fort. Je ne vais pas me mettre, comme certaines personnes...
se
mettre à deux parce qu'on a peur de la solitude".
Eleveur-agriculteur en
Dordogne, Henry à 42 ans est à la tête d'une
véritable entreprise : 120 vaches, des cultures de céréales... Mais,
comme André,
il recherche une compagne. Il y a peu, Henry était marié et père de
deux
enfants. Le départ de sa femme, un divorce après 13 ans de vie commune
ont
laissé André dans un profond désarroi qui a inquiété ses parents : «Ca
devenait
tout à fait inquiétant raconte son père. Je suis allé sur des sites.
Quand on
alignait tous les critères, c'est à dire : je suis divorcé. Je suis
agriculteur.
Deux enfants. Quand on a aligné tous ces critères et qu'on va au
résultat, on
se retrouve avec zéro candidate. Alors on s'est dit : on va chercher
dans une agence
matrimoniale». La
recherche d'une compagne pour son fils va devenir la priorité numéro un
dans la
famille. Son père, qui a mis de l'argent de côté est prêt à casser sa
tirelire
pour que son fils puisse trouver une relation stable et solide.
André, comme tous les jours, passe
d'une activité à une autre. Peut-être
est-ce à cause de son travail intensif, qu'il n'a pas encore rencontré
la femme
de ses rêves. Et pourtant, en dehors de sa ferme, André a une passion.
Chaque
semaine il enseigne le rock. "Il y a un grand décalage parce que quand
je
suis avec mes amis ou en spectacle, c'est dur à vivre, même les
week-ends tout
seul ou le dimanche ici. Il faut être solide mentalement. La vie tourne
entre
le travail, mes activités de la danse, en fin de compte, la vie tourne
très
vite et après je me dis : zut mais je suis toujours tout seul. Je me
dis : il
est grand temps et ça fait peur quelque part. Pourquoi on est toujours
seul ?
Ca c'est un peu dur. Vous savez quand vous passez Noël, le 25 décembre
tout
seul alors que tout le monde est en famille... surtout que j'ai plus
mes
parents. J'ai passé des Noël à pleurer ".
Le père de Henry a fini par trouver
notre agence. Parmi les
adhérentes, Henry a choisi de correspondre avec Olga, une femme de son
âge qui
travaille dans un magasin d'alimentation à 800 kilomètres
de Minsk.
Lettres et conversations téléphoniques, traduites par un interprète,
leur ont
permis de se découvrir des points communs et d'avoir envie de se
rencontrer. Notre
conseiller lui prodigue quelques conseils avant
l'arrivée programmée d'Olga.
"Je connais
bien le milieu agricole parce que j'en suis issu.
Et
j'essaye
toujours de faire comprendre aux jeunes agriculteurs qu'il ne faut pas
avoir
honte de son métier et qu'il faut en être fier. C'est vrai qu'il y a
une
désertification du milieu rural par les femmes célibataires. Les
agriculteurs
ne sont pas habitués à sortir en boîte, aller dans des fêtes, des
choses comme
ça. Mais il n'y a pas de raison. Ce sont des chefs d'entreprise. Ils
ont un
désir de construire une vie de couple solide. Pour moi ce sont les
meilleurs
adhérents". Il y a quelques mois, Henry est parti à Minsk. C'était la
première fois qu'il prenait l'avion et la première fois qu'il
rencontrait Olga.
"C'était magique ! On se connaît depuis six mois. On s'est vus dix
jours
mais dix jours de rêve. On avait une interprète huit heures par jour
qui était
à nos petits soins. C'était le coup de foudre par nos
courriers et ça a été le coup de foudre quand on s'est vus aussi. Ca a
été
instantané. Ca a été le grand déclic ! ".
Dans quelques jours Henry doit partir
à Minsk retrouver Olga pour la
deuxième fois. Sa famille se prépare au séjour de la jeune femme dans
la ferme
familiale. Pour Henry "si on ne tente rien on n'a rien. Ou alors il
faut
rester célibataire comme ça on ne prend pas de risque. Tu vis dans ton
coin,
avec tes vaches, ton chien, ton chat et comme ça t'as pas de problèmes
! T'as
qu'à chercher sur internet la française qui veut : un agriculteur,
éleveur,
deux enfants et qui veut vivre dans le milieu rural...."Là lui répond
son
père c'est un engagement profond parce que, pour qu'elle vienne en
France, il
faut qu'il y ai mariage". "On l'attend les bras ouverts et on
souhaite qu'elle se plaise" espère la mère de Henry.
Avec ses amis du club de danse André
essaye de comprendre les raisons de son
célibat. Chacun et surtout chacune y va de son commentaire et donne son
avis
"se lever à six heures du matin. Ne pas prendre de vacances. Tu n'est jamais dans
ta maison. Tu
pars le matin, tu reviens le soir. Si ta femme ne travaille pas, elle
va se
retrouver toute seule. Une femme a besoin qu'on s'occupe d'elle" "Là
tu es indépendant tu as ta petite vie à toi...." Et, André finit par
avouer que "aussitôt que j'avais une personne, je me sentais un peu
bloqué". "Tu es trop difficile lui envoie son amie. Tu la veux jolie. Tu la
veux jeune.
Qu'elle danse le rock. Qu'elle aime la ferme. Tu n'auras pas tous les
critères".
A Minsk, Henry visite et, bien que le
mariage soit encore loin, emmène Olga
choisir une alliance. A 42 ans, Olga
ne s'est jamais mariée. Elle est croyante et cette décision est un
engagement
véritable, un changement radical de vie, qu'elle a décidé. Si tout se
passe
comme prévue, dans quelques mois, elle aura quitté la Biélorussie,
ses
parents et sa famille pour vivre avec Henry en Dordogne. Alors que six
mois
auparavant, les tourtereaux avaient chacun leur appartement, cette fois
ci ils
en ont un pour deux et la vie de couple semble leur plaire. Si Olga ne
s'est
jamais mariée c'est dit-elle parce qu'en Biélorussie "les hommes ne
veulent
pas fonder un foyer. Et quand ils se marient c'est pour se faire
servir. J'ai
pensé que dans d'autres pays les hommes pouvaient être différents.
Quand nous
nous sommes vus pour la première fois avec Henry, j'ai eu la sensation
que nous
nous connaissions tous les deux depuis très longtemps. Avec lui je n'ai
pas eu
l'impression d'être avec un étranger. En fait, c'est une âme sœur" Olga
va
apprendre le français. En attendant, elle devra patienter quelques
jours pour
obtenir son visa touristique et enfin rencontrer sa "nouvelle
famille".
Vendredi soir. Dans une discothèque de
Montauban de Bretagne, très entouré, André
exécute une démonstration de rock acrobatique sous les
applaudissements.
"Ca a du bon la danse. C'est vrai que des relations on peut en avoir à
la
limite pour quelques mois mais...... il y a un moment où l'on aimerait
trouver la
bonne personne et j'ai pris contact avec l'agence de rencontre Aubelia".
Olga a fini par obtenir son visa et en
quelques jours seulement a trouvé
sa place dans la ferme de Henry Traite des vaches, repas familial
...... Olga
fait l'unanimité. "Elle
comprend vite. Ce qu'elle fait, elle le fait bien. Elle est prévenante,
elle
est gentille. Je suis enchanté déclare son pére. C'est une perle rare".
"Je ne suis restée que 15 jours ici et
je ne peux pas dire encore si
j'aime ou si je n'aime pas cette vie là. Mais de toute façon, je
reviendra
quoiqu'il arrive parce que j'ai envie d'être heureuse avec Henry". Olga sera bientôt de
retour. Cette
fois ci pour de bon. Pour se marier avec Henry.
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